— Wróciłeś, tu es revenue… Il récita pour lui-même : « L’Ange est mort… La nuit. Elle l’avait cru et reconnu, le premier soir. Ne l’avait-elle pas aimé ? »*
Il s’était accroupi, avait caressé sa joue glacée. Il avait écarté les mèches qui barraient la moitié du visage, l’avait soulevée sans peine et tenue serrée contre lui. Ses bras encore puissants l’enveloppaient tendrement. Il était entré dans l’anfractuosité de la roche, là où ils avaient pris l’habitude de s’installer, presque chaque jour. Ses yeux avaient cherché un endroit pour la déposer, elle était si légère. Le sol était recouvert d’algues rouges et brunes qui faisaient comme un tapis doux. Il avait arrangé ses cheveux blonds emmêlés, de chaque côté pour dégager son beau visage. Il avait déposé un baiser sur ses yeux, récité une prière « pour une mort paisible ». Enfin, il avait placé, entre ses doigts, la tige roide et givrée d’un admirable dahlia à la robe moirée. Il s’était allongé à ses côtés et avait crié ces derniers mots à l’adresse de l’Ange : « Pourquoi n’as-tu pas empêché sa chute ? ». Puis il était reparti, récitant toujours : « Oui, c’est l’heure, aurait-elle dit. Elle avait risqué le soir et le matin son nom…elle a la fièvre et demande de l’eau. L’Ange est mort. Elle avait accepté de le voir ainsi. Il la reverrait dans le pays mat. Il l’accompagnerait. Deux ou trois jours de mer**… »
*(Le Cantique qui est à Gabriel, Christian Gabriel le Guez Ricord)
** idem
(Excipit)
Extrait de Souviens-toi d’oublier
Acrylique et encre 40×50
💙
J’aimeAimé par 1 personne